Dieu des Enfers · le passeur des morts
Charon
Dans sa barque, Charon fait passer les âmes des morts sur le fleuve des Enfers, contre une obole (voir Hadès). Virgile le peint en vieillard terrible et crasseux, la barbe blanche en broussaille, les yeux comme des flammes, un manteau sale noué sur l'épaule. Il pousse sa barque à la perche et choisit ses passagers : ceux qu'on n'a pas enterrés doivent errer cent ans sur la rive avant de pouvoir traverser.
Les vivants n'ont rien à faire dans sa barque. Énée ne passe qu'en montrant le rameau d'or, cueilli pour Perséphone ; chez Aristophane, le dieu Dionysos, venu chercher un poète aux Enfers, doit payer deux oboles et ramer lui-même, accompagné par le chant des grenouilles. Sur les vases funéraires d'Athènes, on voit souvent Charon attendre le mort, la perche à la main, au bord de l'eau. Depuis 1978, la plus grande lune de Pluton porte son nom.
Sources : Virgile, Énéide, VI ; Aristophane, Les Grenouilles ; Pausanias, Description de la Grèce, X.
